Vision

Vision
Un homme, une âme. Tombe dans un tunnel sans fin, tournoie. Il ne peut stopper sa chute, esclave de sa déchéance. Éraflé, écorché, il tombe, aspiré. La Musique, envoûtante, s'élève de tout côtés. Soudainement, il se rattrape à une aspérité, mettant fin à sa descente aux enfers, brisant ses chaînes. Illusion. Sa destinée vacille, ne tenant qu'à un fil. Le choeur augmente, plus entêtant, immuable. Les fantômes de ses nuits s'avancent, scandant l'obsédante mélopée de la tentation des abysses. Il ne se relèvera pas. Ils l'oppressent, le poussent, ne le laisseront pas s'en sortir. Il rechute.
Ne lutte pas, ne résiste pas à l'appel pressant de l'abîme. Il touche le fond, être entaché, corps disloqué. Les spectres ont gagnés.
Lentement, l'entité s'élève, vaincue. Regagnant les rangs qui toujours l'ont attendu. Sur les saillies se tiennent les esprits victorieux. Ils auront eu raison de lui. Tête basse, il rejoint les musiciens maudits et entame la mélodie, l'archer à la main, en attendant le prochain inconscient.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 05:57

Impuissance...

Impuissance...
Tu sais bien, rester au bord de la route, et regarder les autres vivre. Laisser couler les larmes, le temps, la fumée. Ne pas s'impliquer. Impression de solitude, tu la connais toi ? Ce roulement incertain des secondes qui s'en vont, et savoir qu'elles sont perdues à jamais. Se dire peu m'importe, alors que ce n'est pas vrai. Tu sais bien quoi, la recherche du vertige, la caresse et la guerre. Tu la connais, toi, la souffrance amère ? Des fois, le ciel se met à tourner, les sens s'exaltent, tout prend une vitesse formidable. On croit vivre, enfin. Mais ce n'est qu'un simulacre, hein ? Tu le sais bien, non, que tout est faux, et que seule l'illusion nous sauvera. Non, tu ne sais pas ? C'est vrai, toi, tu vis. Toi, tu sais ce qu'est la sensation voluptueuse de profiter du monde. Toi, sale égoïste, tu es comme les autres. Banalement heureux. Voir triste. Mais la mélancolie t'es étrangère, hein ? La nostalgie d'un temps inconnu, meilleur, tu ne l'as pas. Une mélodie inconnue ne te hantes jamais. Jamais tu ne te demande ce que tu fous sur cette putain de planète, hein ? Et merde. Sois heureux, vas, je ne t'en veux pas. Je te regarderai vivre, comme tout le monde vit, à rire de connerie et s'amuser ensemble. Et je pleurerai, ayant conscience de ce que je perds. Et je souhaiterai ma mort, et celle de tout mes pairs. Qui sait, un jour, tu sauras ?
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:42

Exacerbation des sens

Exacerbation des sens
Les gestes, lent tout d'abord, s'affolent. Tout comme les sens qui s'exaltent, les souffles se faisant cours. Les regards et les lèvres se cherchent ; la peau que l'on dénude. Les premier frissons, la beauté de l'autre, l'émerveillement de soi. Donner, et tant recevoir. L'espace d'un instant, d'une pause, les mains s'enchaînent, se touchent, se reconnaissent et se quittent pour continuer l'exploration du corps adverse. Le respect infini contenu dans la caresse et la passion proche de la folie de la bouche qui mord ; la recherche du plaisir, les gestes amorcés, gênés, l'énervement de ne pas y arriver. Les yeux de l'autre, qui rassurent, la main qui guide. Le bonheur d'être ensemble et la beauté des mouvements; le miroitement des corps, suant, l'impression de se noyer au fond de l'univers. Toucher les étoiles, enfin, et la volupté qui s'installe. La respiration reprenant un rythme normal, le sourire de chacun. Et chaque fois différentes de la précédente, toujours recommencer à se chercher.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:39

Rencontre déroutante

Rencontre déroutante
Il est 15h30, et pas une minute de plus. Le temps, l'espace de quelques secondes, s'est arrêté, plus de soleil, et le froid, insidieux. Plus que le froid. Tout se stop, sur demande, surprenante, même la musique disparaît. Un regard. Si noir, si noir. Un regard à saigner, écorcher, un regard de braise. Comment tant de choses arrivent-elles à passer, à se faire comprendre ? Et puis, les yeux se détournent, le temps reprend ses droits. Le bruit, tout d'abord, lorsqu'un instant plus tôt le silence était assourdissant. Et puis, les autres. Les ombres redeviennent humaines, les odeurs des corps en sueurs de nouveaux picotent le nez. Elle le vit se détourner, et partir. Ce fut véritablement la fin. Elle reprit sa respiration, qu'elle avait jusque là retenue sans s'en rendre compte.
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:36

Tout n'est qu'illusion...

Tout n'est qu'illusion...
Et la mélancolie, qui hante. Le désir et l'amour qui s'en vont, assister à des départs incessant, se laisser, se lasser. Rester quand tout bouge, et les larmes coulent sans qu'on les arrêtent. Ne plus être capable que de se complaire, dans une douleur aussi fausse que le monde qui nous entoure. Perdre la foi de se lever, le matin, et d'accomplir le quotidien. Avoir juste envie de se recoucher, et plus bouger. État de fatigue et de tristesse étrange, sans raison particulière, justifiées seules par leurs existence. Et les regards, figés, partout, qui ne se croisent même pas, une marre de regards inconnus, vains. Et la musique, seul univers quelque peu réconfortant, car la musique réchauffe de se froid qui transi. L'amitié aussi, la belle amitié dont tout le monde se vante. Mais tout le monde s'aperçoit un jour qu'il est seul, l'a toujours été et le sera toujours. Car tout le monde est froid, et triste. Tout le monde est banal, toujours. C'est immuable. Il n'y a pas d'espoir, pas de sauveurs. Pas de raison. Tout est vain. Que faire, lorsqu'on en arrive à cette conclusion ?
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# Posté le samedi 08 décembre 2007 08:32