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Se vomir. Vomir des mots. Ne plus savoir les disposer, oublier. Opinel plongeant dans la chaire de papier, faisant gicler le sang de la feuille. Méli-mélo de phrases répandues, sanglante, noires. Ne plus savoir. Passé son temps à s'amuser, et oublier. Puis, remise a niveau avec le monde, toute la nostalgie mise de côté se réinstalle. Elle sait exactement que sa place est ici, et que rien ne la détrônera. Juste attendre son heure, et glacer le monde intérieur. La poisseuse tristesse, glauque jusque dans les soupirs, fantôme de rien, néant incarné. Notes de piano plombées, crissement ininterrompu du violon bafoué par l'archer. Ne plus savoir, poser les mots, les pieds, les secondes. Ne plus savoir, ni marcher ni écrire. Ni pleurer. Insatiabilité de l'être, excessif emportement pour pallier à la douleur. Remplacer. Les mots par le sang, la rêverie par les peurs. N'avoir d'avis que futiles, parce que tout a été oublié. D'où faire ressurgir l'ancien? L'eldorado caché existe; merveille humaine, trésor fondu dans l'inexistence, connaissance du bonheur foulé au pieds, dilué dans la fange. Mais la perle ne se meurt pas dans la boue; elle reste intact. N'est-ce pas? L'espoir est toujours là, croyance facile mais inévitable, pour rester en vie. Subsiter; il le faut. Car rien n'est perdu. L'on peut remonter la pente, quelqu'en soit le prix et la profondeur. N'est-ce pas? Ô, dites-le moi!
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# Posté le lundi 25 août 2008 14:10

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