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Errance

Errance
Phrases jetées sur le papier, pluie d'encre, non sens. Lieux communs éculés, ressassés. Un café à l'autre bout de la ville, atteignable uniquement dans l'errance d'un esprit acculé. Café magique où le temps s'écoule en de lents sursauts.
Musique transcendante au son d'une pluie discontinue, infinie. Regard d'hommes à hommes, qui se perdent en un fragment disséminés d'âmes. Gris uniforme de sentiments, mélancolique paysage.
La ville; tout le monde y vit. Coeur ensanglantés où à chaque rue l'on crie sa peine, poumon géant recrachant l'air vicié des citoyens de ce si beau pays.
Consommation des sens, du temps. Une cigarette brûle encore, synonyme de mort. Sur le pavé, la fumé s'étale en de lentes circonvolutions. Gris. Même la mer et le port, et toi, tout est gris.
Faire semblant d'être originale, originel, lorsqu'on est qu'au fond une représentation exagérée, caricature grimaçante bientôt effacée par l'oubli. La solitude des corps qui se cognent, se frottent, s'affrontent et se quittent. Solitude de l'âme, qui même à deux, ne sait où est sa place.
Et jouer au vagabond, au fou, au perdu en sachant avec une douloureuse lucidité que c'est uniquement ridicule. Tout comme ce monde, et cette musique, et ces sentiments, et l'amertume. Mais où est le bonheur? A supposer qu'il existe, ce n'est certainement pas dans cette plume.
Écriture noire, tranchant avec le gris, l'errance et la solitude. Tranchant avec la ville, et avec soi. Car tout est gris, même l'Ange au rictus sanctifié.
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# Posté le lundi 25 août 2008 14:04

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