...

...
Se vomir. Vomir des mots. Ne plus savoir les disposer, oublier. Opinel plongeant dans la chaire de papier, faisant gicler le sang de la feuille. Méli-mélo de phrases répandues, sanglante, noires. Ne plus savoir. Passé son temps à s'amuser, et oublier. Puis, remise a niveau avec le monde, toute la nostalgie mise de côté se réinstalle. Elle sait exactement que sa place est ici, et que rien ne la détrônera. Juste attendre son heure, et glacer le monde intérieur. La poisseuse tristesse, glauque jusque dans les soupirs, fantôme de rien, néant incarné. Notes de piano plombées, crissement ininterrompu du violon bafoué par l'archer. Ne plus savoir, poser les mots, les pieds, les secondes. Ne plus savoir, ni marcher ni écrire. Ni pleurer. Insatiabilité de l'être, excessif emportement pour pallier à la douleur. Remplacer. Les mots par le sang, la rêverie par les peurs. N'avoir d'avis que futiles, parce que tout a été oublié. D'où faire ressurgir l'ancien? L'eldorado caché existe; merveille humaine, trésor fondu dans l'inexistence, connaissance du bonheur foulé au pieds, dilué dans la fange. Mais la perle ne se meurt pas dans la boue; elle reste intact. N'est-ce pas? L'espoir est toujours là, croyance facile mais inévitable, pour rester en vie. Subsiter; il le faut. Car rien n'est perdu. L'on peut remonter la pente, quelqu'en soit le prix et la profondeur. N'est-ce pas? Ô, dites-le moi!
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 25 août 2008 14:10

...

...
Et tout le monde est perdu. Tout le monde est mort, en suspension pour un instant qui passe comme un éclair si pâle qu'on l'aperçoit à peine.
Ils naissent dans un cri qu'ils pousseront toujours, inéluctable fin à son début, promesses vouées à l'échec par une mortalité incontournable. Si fragile et si évaporée, l'existence se transmet de cri en cri, d'appels en absence, de sourire en cascade de pleurs. Une si triste existence. Comme un motif récurrent, un symptôme impossible à guérir. Une tâche de sang sur le mouchoir, contraignante, affolante.
Et former des mots, toujours, pour conjurer le sort et se sortir de l'oubli. Remède instantané aux effets si éphémères.
Et espérer vivre encore, Se battre pour tout ce gris, tout plutôt que l'Inconnu. S'accrocher aux ressentiments et à l'égoïsme parce que marcher là où nul ne sait ce qu'il y a est la pire souffrance infligeable.
Fermer les yeux et avancer dans un noir continu, oppressant et affolant, voilà l'existence.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 25 août 2008 14:08

Errance

Errance
Phrases jetées sur le papier, pluie d'encre, non sens. Lieux communs éculés, ressassés. Un café à l'autre bout de la ville, atteignable uniquement dans l'errance d'un esprit acculé. Café magique où le temps s'écoule en de lents sursauts.
Musique transcendante au son d'une pluie discontinue, infinie. Regard d'hommes à hommes, qui se perdent en un fragment disséminés d'âmes. Gris uniforme de sentiments, mélancolique paysage.
La ville; tout le monde y vit. Coeur ensanglantés où à chaque rue l'on crie sa peine, poumon géant recrachant l'air vicié des citoyens de ce si beau pays.
Consommation des sens, du temps. Une cigarette brûle encore, synonyme de mort. Sur le pavé, la fumé s'étale en de lentes circonvolutions. Gris. Même la mer et le port, et toi, tout est gris.
Faire semblant d'être originale, originel, lorsqu'on est qu'au fond une représentation exagérée, caricature grimaçante bientôt effacée par l'oubli. La solitude des corps qui se cognent, se frottent, s'affrontent et se quittent. Solitude de l'âme, qui même à deux, ne sait où est sa place.
Et jouer au vagabond, au fou, au perdu en sachant avec une douloureuse lucidité que c'est uniquement ridicule. Tout comme ce monde, et cette musique, et ces sentiments, et l'amertume. Mais où est le bonheur? A supposer qu'il existe, ce n'est certainement pas dans cette plume.
Écriture noire, tranchant avec le gris, l'errance et la solitude. Tranchant avec la ville, et avec soi. Car tout est gris, même l'Ange au rictus sanctifié.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 25 août 2008 14:04

Reflexion

Reflexion
Ennui; Désir de vivre pour de bon, exterminer ce vide qui en toute circonstance m'habite. Et par la même occasion, le remplir de joie. Le bonheur n'existe pas, paraît-il. Croiser des rivages, s'illusionner d'une plénitude momentanée, penser être heureux, et puis reprendre la navigation sur ces flots ensanglantés; se rendre compte que non, encore une fois, le bonheur n'était pas là. Qui peut dire: je l'ai connu ? Et pourtant, nous sommes encore là, à jouer à cette triste mascarade; course à la réussite sociale, à l'argent, à la normalité. Quitter ses rêves d'enfants, à regret, par nécessité de s'intégrer.
Se perdre dans des méandres de fumée, habitées des pires démons nommés Horreur, Tristesse, Désespoir et voir les autres s'y engluer sans savoir comment les faire sortir; se rendre compte qu'il est trop tard, qu'il sont déjà de l'autre côté. Expériences futiles destinées à se croire vivant, sans cesse se brûler un peu plus pour éprouver la limite. Tant de lieux communs, tant de banalité dans nos bouches. Tant de phrases inutiles, prononcés à la place des vraies, des urgentes, de celles qu'il ne faudrait pas refouler. Le monde en sera-t-il toujours ainsi ?
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 25 août 2008 14:00

La vérité est une agonie qui n'en finie pas

La vérité est une agonie qui n'en finie pas
Hurler jusqu'à en crever. Comment s'en sortir ? Je ne sais pas trop. Le vide, après le choc. Comment le remplir ? Même les paradis artificiels ne servent plus; leur portes ont été fermés. Juste le néant, et soi. Les insupportables phrases, échos de la Mort de l'être, elles résonnent à n'en plus finir. Il y a en soi des mots qui nous immolent et auxquels nous ne pouvons échapper. Essayer de réveiller ce qui est encore vivant; chercher la douleur physique pour oublier la douleur mentale. Se griffer, se brûler, se vomir. Corps à corps avec soi-même, tenter de s'oublier. Perdre, fasse à la masse oppressante de l'univers; sentir le poids de chaque atomes d'air. Et se traîner éternellement dans le terrible abattement de l'Amour perdu. Du sens expié. De la raison expiré. De la nouvelle folie. Place à l'infamie ! Il en faut même au sein de l'immonde orgie des sens bafoué. Même plus envie de crever. Juste, rester, immobile, se momifier dans une tristesse sans nom. Stigmatisée. On me fuis. Qui sera le réveil ? Ou sera la sortie ? Ne suis-je donc point condamné ? N'étais-ce mon destin ? Je ne me suis donc pas trompée; le pire est à venir. No futur, messieurs dames. Mais tu es seule à crever dans ce monde infecté. L'enfer est partout; il est en toi. En Moi ? Mais pourquoi ? Il n'y a pas de réponse, murmure la voix. L'âme hurle, sans s'arrêter. Le son augmente; le coeur s'accélère. Les pupilles s'agrandissent; le souffle se fait court. Il faut que cela franchisse les lèvres; il faut que ce soit exprimer. L'éxpiation est là, tout prêt, dans les mots ! Il faut oser, demander pardon, à soi, aux autres. Mais le son ne sort pas. Les yeux se voilent; le coeur explose.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 24 février 2008 12:48